À la conquête d’un "non-lieu"

Si l’utopie (du grec ou "non" et topos " lieu" : " en aucun lieu ") est donc le monde de " nulle part ", alors Internet peut reprendre cette définition.

Personne ne s’est étonné de voir Greenpeace être une des premières organisations à populariser ses actions sur Internet pour informer, pétitionner, prévenir du déroulement des manifestations, lancer des boycotts, etc. Le P2P comme moyen de popularisation, de mobilisation exceptionnelle, utilisé par " une vaste communauté non hiérarchique " (qui se maille avec la mouvance alter-mondialiste dont le leitmotiv est " le monde n’est pas une marchandise ") qui y pratique le non-marchand (ou no profit), le bien commun, l’intelligence collective ainsi que le travail " collaboratif " et le partage des connaissances, a désormais ses maîtres à penser.

Et si l’utopie était de croire que la dynamique de l’Internet et celle du P2P peuvent bouleverser l’ordre des choses ? L’histoire a maintes fois démontré que l’illusion d’un progrès technique ne permettait pas de rénover la société, matériellement et politiquement. Depuis la formule de Lénine selon laquelle le socialisme d’URSS serait " les soviets plus l’électricité " jusqu’aux productions monstrueuses du " socialisme réel " stalinien ou maoïste, on est bien revenu de cette croyance en un progrès technique globalement libérateur.